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1000autres.org : un point sur les recherches

dimanche 3 novembre 2019, par 4acg

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Histoire de la guerre d’Algérie : Bataille d’Alger/330 signalements de disparus

Walid Mebarek. El Watan. 22 octobre 2019

Après l’appel à témoins lancé il y a un an sur internet par le biais de 1000autres.org, 330 disparus de la Bataille d’Alger ont pu être identifiés. C’est ce qu’indiquent Fabrice Riceputi et Malika Rahal dans un article publié par le magazine Politis sous le titre « Les visages de la torture coloniale ».

« La plupart ont été assassinés par des militaires français », écrivent les historiens : « Quelques-uns de ces identifiés furent finalement libérés, le plus souvent après avoir été torturés. Pour 270 d’entre eux, leur disparition définitive entre les mains des militaires est confirmée par leurs proches et descendants et/ou par d’autres archives et publications. Beaucoup n’ont de toute évidence pas survécu à leur ‘‘période d’exploitation’’ dans un des très nombreux centres de torture. Ils sont souvent ensuite donnés pour « libérés » ou parfois ‘‘abattus lors d’une tentative de fuite’’, mais sans autopsie ni lieu d’inhumation. » Dans leur quasi-totalité, expliquent Fabrice Riceputi et Malika Rahal, « ces personnes arrêtées sont des ‘‘inconnus’’, tout au moins de la presse de l’époque et des livres d’histoire. Des ‘‘Français musulmans’’, dockers, ouvriers, journaliers, petits marchands. Les militaires français, ‘‘sûrs de leur impunité, espéraient qu’ils ne sortiraient jamais de leur anonymat colonial’’ ».
La mise en ligne du site 1000autres.org a ainsi bouleversé le silence étouffant de plus de 60 ans sur d’odieux faits criminels. Le site avait été conçu en 2018, trois jours après la déclaration du président Emmanuel Macron sur l’affaire Maurice Audin en présence de l’épouse (aujourd’hui décédée) du mathématicien assassiné en juin 1957.

Le fichier secret de la Préfecture d’Alger

Le site 1000 autres.org avait mis en ligne pour point de départ un document conservé aux Archives nationales d’outre-mer (Aix-en-Provence) : « Un fichier produit et tenu secret par la préfecture d’Alger recensant un millier de cas d’Algériens arrêtés par l’armée française en 1957 et recherchés par leurs proches. »
Très vite, les témoignages ont afflué. Avec les noms et souvent les photos, « ces ‘humiliés dans l’ombre’, selon les mots de Paul Teitgen, alors secrétaire général à la police de la préfecture d’Alger », sortent de l’oubli et révèlent les ressorts d’une page sanglante.
Pour les historiens, Fabrice Riceputi et Malika Rahal, « ainsi s’accumule progressivement une base de données autorisant l’écriture d’une autre histoire de la Bataille d’Alger. Non pas celle d’une ‘guerre contre le terrorisme’, récit dominant dès 1957, mais celle du vécu par la population algérienne d’une répression coloniale qui la prit tout entière pour cible ».

Des témoignages douloureux mais dignes

Les historiens font le point sur ce qui ressort des témoignages sur la méthode de l’enlèvement, de la torture et de l’assassinat. Selon eux, le but du dispositif militaire était de « diffuser l’effroi par capillarité dans l’entourage ».
Les familles parlent de leurs « démarches obstinées, périlleuses et vaines, souvent accomplies par les mères et les épouses, pour trouver la trace d’un fils ou d’un mari détenu clandestinement. D’anciens camarades de détention ont parfois livré des contributions fragiles ou des récits indirects ayant circulé de cellules en salles de torture et en camps d’internement.
Ils disent parfois l’espoir d’un retour, souvent encore jusqu’à l’indépendance, cinq ans plus tard, espoir entretenu par quelques rares retours très tardifs et miraculeux ; puis la douleur d’avoir à vivre à jamais avec un parent disparu. Ils montrent enfin que les familles ne renoncent jamais à connaître les circonstances exactes de la mort et la localisation de la dépouille. »
« Ces témoignages révèlent encore une frustration, parfois mêlée d’amertume et de ressentiment, de ne pas voir l’histoire tragique du disparu et de sa famille connue et reconnue à l’égal de certaines autres. Parfois, le récit est long, précis, avec un souci d’objectiver à la manière de l’historien un drame longtemps resté privé et occulté et, de ce fait, encore plus douloureux. »
Une récente décision gouvernementale a annoncé au Journal Officiel en septembre dernier l’ouverture des archives officielles aux chercheurs. Certains y placent de l’espoir, d’autres craignent la déception de ne pas y trouver la vérité tant souhaitée…

Source : https://www.elwatan.com/pages-hebdo/france-actu/histoire-de-la-guerre-dalgerie-bataille-dalger-330-signalements-de-disparus-22-10-2019

Les visages de la torture coloniale. Après l’appel à témoins lancé il y a un an, 330 disparus de la Bataille d’Alger ont pu être identifiés. La plupart ont été assassinés par des militaires français. Politis

Messages

  • Avis de recherche : Jacques Feur

    Bonjour, mon père était engagé dans la guerre d’Algérie. Les échanges ont toujours été limités entre lui et moi à ce sujet, malgré mes demandes réitérées.
    J’aimerais beaucoup pouvoir échanger avec des appelés ayant pu le côtoyer entre 1957 et 1960. Il était basé à Trumelet ; un village proche de Tiaret. Il devait être jeune officier (sous-lieutenant ? lieutenant ?). Il s’appelait Jacques Feur.
    Je m’appelle Elisabeth Condamines ; elicondamines gmail.com

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