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B’Tselem. Un apartheid « sur tout le territoire sous l’autorité de l’État d’Israël »

mardi 2 février 2021, par Michel Berthélémy

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Pour la première fois, B’Tselem, la principale organisation israélienne de défense des droits humains, étend l’application du mot « apartheid » à la totalité des formes de gouvernement appliquées par Israël aux Palestiniens qui sont sous sa juridiction, qu’ils soient citoyens de l’État d’Israël ou pas
B’Tselem signifie « À l’image de », d’après le verset de la Bible « Et Dieu créa l’homme à son image » (Genèse, 1 :27). L’ONG a reçu le prix des droits de l’homme de la France en 2018

Quelques extraits du rapport :

Plus de 14 millions de personnes, dont à peu près la moitié sont juives et l’autre palestiniennes, vivent entre le Jourdain et la Méditerranée sous un seul et même régime. Dans le discours public, politique, juridique et médiatique, la perception courante est celle de deux régimes séparés opérant côte à côte dans cette zone, séparés par la Ligne verte [1]. Le premier régime, à l’intérieur des frontières de l’État souverain d’Israël, est une démocratie permanente avec une population d’environ 9 millions de personnes, tous citoyens israéliens. Le second régime, dans les territoires dont Israël s’est emparé en 1967, et dont le statut final doit supposément être déterminé dans de futures négociations, est une occupation militaire temporaire imposée sur quelque cinq millions de sujets palestiniens.
Au cours du temps, cette distinction entre deux régimes s’est de plus en plus éloignée de la réalité. Cette situation existe depuis plus de 50 ans — deux fois plus longtemps que l’État d’Israël a existé sans celle-ci. Des centaines de milliers de colons juifs résident maintenant dans des colonies permanentes à l’est de la Ligne verte, vivant comme s’ils étaient à l’ouest. Jérusalem-Est a été officiellement annexée au territoire souverain d’Israël et la Cisjordanie a été annexée en pratique.

Progression de la colonisation de1947 à 2000

Objectif unique : renforcer la suprématie des Juifs sur les Palestiniens

Plus important encore, la distinction obscurcit le fait que la région entière entre la Méditerranée et le Jourdain est organisée selon un unique principe : faire progresser et renforcer la suprématie d’un groupe — les Juifs — sur un autre — les Palestiniens. Tout ceci conduit à la conclusion que ce ne sont pas là deux régimes parallèles, dont le principe suprémaciste se trouverait, par hasard, être le même, mais bien un régime, gouvernant la zone entière et les gens qui y vivent, sur la base d’un seul principe d’organisation unique.
Dans la région entière entre la Méditerranée et le Jourdain, le régime israélien applique des lois, des pratiques et une violence d’État conçues pour cimenter la suprématie d’un groupe — les Juifs— sur un autre — les Palestiniens.[…]
« Les citoyens juifs vivent comme si la région entière était un espace unique (à l’exception de la Bande de Gaza). La Ligne verte ne signifie à peu près rien pour eux : qu’ils vivent à l’ouest, à l’intérieur du territoire souverain d’Israël, ou à l’est, dans des colonies qui ne sont pas formellement annexées à Israël, cela n’a pas d’importance pour leurs droits ou leur statut.
L’endroit où les Palestiniens vivent, en revanche, est crucial. Le régime israélien a divisé la zone en plusieurs unités qu’il définit et gouverne différemment, accordant aux Palestiniens des droits différents dans chacune. La division n’est pertinente que pour les Palestiniens. L’espace géographique, qui est d’un seul tenant pour les Juifs, est une mosaïque fragmentée pour les Palestiniens.

Les Palestiniens à Jérusalem-Est : une résidence permanente révocable à tout moment

Environ 350 000 Palestiniens vivent à Jérusalem-Est, qui s’étend sur quelque 70 000 dunams [2] qu’Israël a annexés à son territoire souverain en 1967. Ils sont définis comme « résidents permanents » d’Israël, un statut qui leur permet de vivre et de travailler en Israël sans avoir besoin de permis spéciaux, de recevoir les bénéfices sociaux et l’assurance maladie, et de voter dans les élections municipales. Malgré tout, la résidence permanente, contrairement à la citoyenneté, peut être révoquée à tout moment, à la discrétion totale du ministre de l’Intérieur. Dans certaines circonstances, elle peut aussi expirer
bien qu’Israël n’ait jamais annexé formellement la Cisjordanie, il traite ce territoire comme lui appartenant. Plus de 2,6 millions de sujets palestiniens vivent en Cisjordanie, dans des dizaines d’enclaves cloisonnées, sous un gouvernement militaire rigide, et sans droits politiques. Dans environ 40 % de ce territoire, Israël a transféré certains pouvoirs civils à l’Autorité palestinienne (AP). Mais l’AP est encore subordonnée à Israël et ne peut exercer ses pouvoirs limités qu’avec son consentement 

Source : Orient XXI. La Lettre du 22 au 29 janvier 2021

https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/b-tselem-un-apartheid-sur-tout-le-territoire-sous-l-autorite-de-l-etat-d-israel,4456



[1La frontière entre Israël et les actuels territoires palestiniens occupés depuis 1967

[21 dunam = 1000 mètres carrés

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