Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre

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Compte-rendu des interventions de la 4ACG au Lycée du Parc à Lyon en 2018 et 2019

mercredi 18 septembre 2019, par Victor Personnaz

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Intervenants : Jacques Schweizer, Bernard Gerlan, Victor Personnaz.

Le 13 mai 2019, ces trois anciens appelés de la 4AGG se sont retrouvés pour la deuxième fois au Lycée du Parc à Lyon.

Intervention 2018.

L’aventure a commencé en 2018 ; une élève petite-fille d’un de nos amis a servi d’intermédiaire : « Si vos élèves désirent encore rencontrer, et communiquer avec des anciens militaires appelés qui ont fait la Guerre d’Algérie, des témoins « vivants », dépêchez-vous, demain ils ne seront plus là ! ». Ainsi interpellée, la professeure d’histoire qui traitait « le colonialisme » donna son accord, et ce fut le déclic : tous les professeurs d’histoire du lycée adhérèrent à notre projet d’intervention.

Deux séquences consécutives de deux heures furent programmées pour

  • 130 élèves de terminale S.
  • 125 élèves de classes préparatoires.
    Chaque séance comportait la projection partielle du film d’Emmanuel Audrain : « Retour en Algérie », et une projection de quelques diapositives scannées datant de 1958, prises dans l’est algérien (Tebessa) .
    Une discussion animée s’en est suivie, questions, réponses ont fusé. En fait ces jeunes découvraient cette guerre, le contexte politique, la torture. Il est évident que notre venue les a marqués. Les élèves de Prépa ont ajouté sur un grand panneau où sont affichées les photos des « justes » : Gandhi, Martin Luther King, Mandela, etc… celui du Général de Bollardière, nous en sommes fiers ! Simone son épouse a donné son autorisation… à posteriori…

Intervention 2019.

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C’est le professeur d’histoire Monsieur Delourme qui a organisé cette rencontre le 13 mai 2019.
Trois classes de première, environ 85 élèves ont participé à notre intervention.
Après présentation rapide de notre association, et de nos trois anciens : Jacques, Bernard, et Victor, comme l’an dernier, une partie du film d’Emmanuel Audrain fut projetée, avec les témoignages forts et parfois émouvants de nos amis Rémi, Stanislas, Gérard Khin, Gérard Lechantre, etc.
Ensuite, la discussion s’est engagée. Dans un premier temps nos amis se sont présentés, ont fait part de leur parcours en Algérie pendant ces années de Guerre.
Les jeunes ne furent nullement intimidés, leurs questions intéressantes, surprenantes parfois.

  • Pourquoi avez-vous gardé le silence pendant 50 ans ?
  • La conscription qu’est-ce que c’est ?

Nous avons expliqué que nous étions des « appelés », PDL, et ADL, 30 mois de service militaire !

  • Que nous partions à 20 ans, que nous n’avions pas le droit de voter (la majorité était à 21 ans), mais celui de nous servir d’une arme à feu, de tuer un homme !
  • Que la plupart d’entre nous n’étaient pas politisés, étaient victime des mensonges éhontés du gouvernement, de la presse (à l’exception de certains journaux).
  • Pour nous, l’Algérie c’était la France avec ses trois départements, alors que les Arabes qui représentaient 80% de la population n’avaient pas les mêmes droits que les Européens de souche : « les pieds noirs ».
  • Que nous ne savions pas que le colonisé par définition est un sous-homme, et que « la mission civilisatrice » de la France dans ses colonies est un mythe, un mensonge. Les « colonisés » furent honteusement exploités, ils subirent des répressions féroces.
  • Que la torture se pratiquait couramment pendant cette guerre, et que seul le général Paris de Bollardière s’est opposé officiellement à cette pratique.
  • Que les gouvernements successifs portent la lourde responsabilité de ces dérives inhumaines.
  • Qu’avec le recul, nous pensons que nous aurions pu refuser de porter une arme, ou de déserter ?

Pour conclure nous aurions dû obéir à une seule autorité : notre conscience.

Victor Personnaz

Vous trouverez en annexe le courrier que nous a adressé Monsieur Delourme à la suite de cette rencontre.

Édité par Anne Doussin

ndlr :
pendant la durée légale (PDL=18 mois)
après la durée légale (ADL=24 mois) ou au-delà des 24 mois

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