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Les présidents français et algérien face au Hirak

mercredi 24 février 2021, par Michel Berthélémy

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L’Exécutif français serait-il schizophrène ? Aux régimes autoritaires qui sévissent dans le monde, il oppose souvent un discours critique où se développent les idées de liberté de démocratie et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le pouvoir algérien ferait-il exception ? Le 24 janvier déjà, le président de la République avait assuré le président algérien de son soutien et de ses encouragements. On aurait pu penser à un discours de pure forme, à caractère diplomatique. Force est de constater qu’il n’en est rien, puisque le président Macron vient de confirmer ses propos.
Dans un entretien téléphonique du samedi 20 février, Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron sont convenus de « booster la coopération bilatérale dans divers domaines et rapprocher les vues sur certains dossiers ». Pas un mot sur la situation en Algérie où, malgré la libération d’une trentaine de détenus du Hirak et l’annonce d’élections anticipées, le tension reste vive.
Le 22 février a marqué le second anniversaire du déclenchement du Hirak, ce grand mouvement populaire qui demande un changement de système et le retour du pouvoir à l’autorité civile. En renforçant la coopération et la coordination avec le pouvoir algérien actuel, le pouvoir français ne semble pas faire grand cas de la volonté populaire qui se manifeste pacifiquement depuis deux ans en Algérie.
Au début de l’année, M. Macron avait affirmé « sa volonté de retravailler à nouveau ensemble sur des dossiers d’intérêt commun » parmi lesquels figurait la question très sensible de la « réconciliation des mémoires ». Le rapport de Benjamin Stora lui a été remis le 20 janvier. Le président français avait promis de retenir, parmi les préconisations de l’historien, « des actes symboliques ». Ces « actes » sont aujourd’hui attendus.
Quant au président algérien un mois après la publication du rapport, il n’a toujours pas réagi. Les seules réactions officielles sont celles de Ammar Belhimer, porte-parole du gouvernement, qui estime le rapport « non objectif », et de l’organisation nationale des moudjahidines (ONM) qui lui a reproché d’occulter « les crimes coloniaux » et de n’avoir pas évoqué « des excuses » de l’État français. Ce qu’a exclu aussitôt M. Macron. Mais un nouvel échange téléphonique entre les deux chefs d’état n’est pas à exclure.
A suivre…

SOURCE / Le Monde Afrique avec AFP, 19 février 2021

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/02/20/emmanuel-macron-et-abdelmadjid-tebboune-veulent-booster-la-cooperation-entre-la-france-et-l-algerie_6070682_3212.html#xtor=AL-32280270

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